LA DANGÉROSITÉ DE LA FÉCONDATION IN VITRO POUR UNE NOUVELLE DÉFINITION DE LA SANTÉ

Si la fécondation in vitro est un sujet qui vous concerne de près ou de loin, il est essentiel que vous compreniez la portée réelle de la mauvaise nouvelle de ce début d’avril. Je pense, pour ma part, qu’elle est en définitive très importante pour tout le monde : les stériles, les fertiles et tous ceux qui se situent entre les deux.

Il y quatre ans, des médecins chercheurs suisses ont découvert que les vaisseaux sanguins des enfants nés d’une fécondation in vitro (FIV) présentaient des dysfonctionnements importants. Pour faire court, leur pression artérielle pulmonaire est trop élevée, leurs artères sont trop rigides et leur risque de mourir d’un infarctus avant l’heure anormalement élevé.

 

Après quatre ans d’efforts divers et variés, l’information voit enfin le jour…

 

…partiellement, sous forme d’un article scientifique. Cliquez ici pour le résumé (en anglais)

…partiellement, sous forme d’un reportage 36.9 sur la première chaîne de la télévision suisse romande, ce mercredi 4 avril à 20 :15.  A voir absolument ! Cliquez ici pour plus d’informations.

 

La nouvelle sera certes un choc pour les quelques cinq millions de personnes dans le monde qui sont des bébés-éprouvettes. Mais ce choc ne justifie pas en soi le besoin de repenser ce qu’est la santé. Il y a donc quelque chose d’autre. Quelque chose de bien plus fondamental.

 

Il s’agit du mécanisme responsable des dégâts observés. L’ADN des embryons fraîchement créés est apparemment endommagé par les solutions utilisées au stade in vitro. Ces dommages chimiques ne sont pas des mutations mais bien des modifications de gènes dont le code est irréprochable. Or il se trouve que ces modifications sont héréditaires, tout comme les gènes eux-mêmes dont s’occupe la science de la génétique. Il y a juste une nuance… énorme : dans le cas présent c’est l’environnement, et non le code génétique, qui a un impact direct sur l’expression de gènes « parfaits » dans les générations futures : enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, etc.

 

Ce type d’hérédité, qui dépasse clairement les écrits de Darwin, porte le nom d’épigénétique.

 

L’épigénétique est un terme que nous devons apprendre et comprendre si l’on souhaite le bien-être de ceux qui vivront dans le futur, après nous, à notre place.

 

Avec l’épigénétique, on découvre un monde - le nôtre - où le temps ne joue plus de rôle dans l’impact que l’environnement et le comportement peuvent avoir sur la santé. On a ainsi relevé des cas où des famines ou une sur-alimentation influencent la santé des descendants un siècle et demi plus tard, des traumatismes affectifs qui causent des états pro-inflammatoires chez les héritiers de deuxième génération, des effets toxiques de médicaments qui se manifestent chez les petits-enfants des patients traités, etc.

Mais c’est la première fois que l’importance de l’épigénétique est illustrée d’une façon aussi immédiate et immédiatement douloureuse.

 

Y-a-t-il donc quelque chose à apprendre de cette mauvaise nouvelle?

Oui !

Tout d’abord, les millions d’êtres humains nés par FIV doivent comprendre que leur propres enfants (actuels ou futurs) risquent de présenter les mêmes problèmes au niveau des artères, en attendant que la médecine trouve une solution pour réparer les modifications chimiques dans l’ADN des ovules et des spermatozoïdes des futurs parents.

 

Deuxièmement, les couples qui envisagent une FIV feraient bien d’y réfléchir à deux reprises et d’exiger toutes les informations sur les risques d’une FIV pour l’enfant qui en naîtra.

Troisièmement,  ce problème, bien qu’isolé,  illustre parfaitement la complexité du monde dans lequel on vit. Dans ce monde, il devient dangereux de laisser les experts décider ce qui est une « bonne pratique ». On a fait confiance aux experts pour concevoir, autoriser et construire la centrale nucléaire de Fukushima (on a eu tort). On a fait confiance aux médecins qui ont développé et autorisé des protocoles expérimentaux de la FIV sans se poser les bonnes questions biologiques (on a eu tort). Bien sûr, au début des FIV, on ne pouvait pas savoir… Mais ces dernières années, plusieurs travaux scientifiques ont démontré que les FIVs causaient des dégâts épigénétiques, sans qu’on se soit posé la question de la portée réelle.

Les experts n’ont rien fait…
Et il a fallu quatre longues années pour qu’un journal scientifique publie enfin ces travaux essentiels.

Combien de bébés-éprouvettes épigénétiquement endommagés sont-ils nés pendant cette attente ?
Que va-ton faire maintenant et surtout quand ?
Comment éviter ce type de « catastrophe sanitaire diluée» à l’avenir ?

 

Ce sont des questions difficiles qui amènent pourtant une réponse générale simple : les experts, tous les experts, doivent être questionnés par nous autres, non-experts, de manière intelligente.  Pas d’une manière dogmatique, ignorante, irresponsable  (le débat sur les OGM en Europe est un fiasco intellectuel) mais bien d’une manière intelligente.  Cette intelligence ne peut être acquise que grâce à une éducation universelle à la science digne de ce nom, ce dont la grande majorité de l’humanité est privée, pays richissimes y compris. Mais cela est un autre débat…

 

La dernière leçon à tirer est la plus importante car elle nous concerne tous, aujourd’hui et pour les siècles à venir :

 

Notre comportement et l’environnement dans lequel nous nous trouvons ont un impact direct non seulement sur notre santé, mais aussi la santé de nos descendants, les êtres humains du futur.

 

En d’autres termes, la définition-même de ce qu’est la bonne santé doit impérativement être mise à jour.

Si la définition classique est celle de l’état d’un organisme vivant lorsque celui-ci fonctionne de manière optimale, sans aucun signe de maladie  (définition officielle de Mesh !), elle n’a aucune pertinence dans l’histoire de l’humanité. Etre en bonne santé implique manifestement plus que d’être un organisme vivant  ici et maintenant.  Il manque une dimension essentielle : celle de nos ancêtres et de notre descendance.

 

C’est ce que je vous propose d’appeler la SANTÉ ÉPIGÉNÉTIQUE, celle qui consiste à bien prendre soin de soi-même, de notre environnement et mode de vie et par conséquent des êtres humain du futur, qui existent déjà d’une certaine manière à l’intérieur de nous sous forme de molécules d’ADN.

 

A vous de décider quelle type de bonne santé est la vôtre.